La France contestée pour le refus de permettre aux enfants du militant de rentrer chez eux

La France contestée pour le refus de permettre aux enfants du militant de rentrer chez eux

PARIS: Les grands-parents de deux enfants bloqués avec leur mère militante française dans un camp en Syrie tenue par des Kurdes ont déposé lundi devant la Cour suprême des droits de l'homme un recours en justice pour le refus de la France de les laisser rentrer chez eux, ont indiqué des avocats.
C’est le dernier défi de l’opposition du gouvernement français au renvoi des enfants de militants présumés en Syrie ou en Irak.
La fillette de quatre ans et le garçon de trois ans, nés en Syrie, font partie des quelque 500 enfants de citoyens français qui ont rejoint le prétendu «califat» de Daesh avant l'envahissement de la dernière redoute syrienne des militants en mars. .
La France a indiqué qu'elle examinerait les demandes de retour au cas par cas, exaspérant de nombreux défenseurs des droits de l'homme et ONG.
Depuis mars, il n'a rapatrié que cinq orphelins et une fillette de trois ans, dont la mère a été condamnée à la prison à vie en Irak.
Les critiques expliquent que cette politique expose des victimes innocentes de la guerre, dont beaucoup ont subi de graves traumatismes au cours des combats et des bombardements de la coalition, à des conditions de vie inhumaines et à des risques psychologiques à long terme.
Les grands-parents des deux enfants, dont la mère avait rejoint des militants en Syrie, ont porté plainte devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) à Strasbourg, dans l'est de la France, ont déclaré leurs avocats à l'AFP.
"En refusant de rapatrier cette mère et ces deux enfants malades blessés et extrêmement fragiles, la France les expose consciemment et délibérément à des traitements inhumains et dégradants", ont-ils déclaré dans un communiqué.
Le procès reproche également à la France de violer le droit de la famille d’entrer dans l’État où elle est citoyenne – la première fois qu’un tel argument a été invoqué dans le cas des enfants de militants, ont déclaré les avocats.
Ils ont refusé de nommer la mère pour protéger son identité.
Certaines femmes occidentales ont donné naissance à des enfants sur un territoire précédemment contrôlé par Daesh, mais leurs enfants n'ont jamais été enregistrés auprès des autorités de leur pays d'origine.
Les deux enfants et leur mère, qui font l'objet d'un mandat d'arrêt délivré par un juge français antiterroriste, ont été blessés lors de la bataille de Baghouz, la dernière forteresse de Daesh prise par les forces kurdes en mars.
Ils sont détenus au camp d'Al-Hol, dans le nord-est de la Syrie, où vivent 73 000 personnes, dont 12 000 étrangers, selon les Nations Unies.
Les avocats de la famille ont indiqué que le choléra, la tuberculose et la dysenterie se propagent dans le camp, les enfants étant sous-alimentés et la mère souffrant de fièvre typhoïde.
La mère "a confirmé son désir de rapatrier ses enfants (…) et veut que la justice soit jugée sur le sol français", ont déclaré ses avocats.
Mais la France répugne à ramener les combattants étrangers ou leurs familles après avoir subi une vague d'attentats meurtriers d'activistes qui ont tué plus de 250 personnes depuis 2015.
Après avoir envisagé le rapatriement à la demande des forces kurdes en Syrie et aux États-Unis, le gouvernement a décidé de ne pas ramener à la maison les hommes ou les femmes ayant rejoint le combat de Daesh.
Jusqu'à présent, les tentatives légales engagées l'année dernière pour contraindre la France à permettre le retour des citoyens retenus en Syrie ont échoué.
En avril, le Conseil d’État français, qui statue sur la légalité des politiques et des lois, a rejeté plusieurs demandes, affirmant qu’il s’agissait d’une affaire diplomatique française ne relevant pas de la compétence du Conseil.
Le rapatriement des citoyens qui sont allés se battre en Syrie et en Irak est une question extrêmement délicate dans les pays occidentaux. Il craint de relever le défi juridique consistant à essayer de condamner des personnes pour des actes commis à l'étranger.
La Grande-Bretagne et les États-Unis sont allés jusqu'à retirer la citoyenneté à certains partisans de Daesh.
Cette attitude intransigeante a attiré les critiques en mars lorsque Shamima Begum, âgée de 19 ans, a perdu sa nationalité britannique après avoir donné des interviews dans lesquelles elle implorait de rentrer chez elle, sans montrer de remords pour avoir été une propagandiste de Daesh.
Son bébé Jarrah est décédé d'une pneumonie moins de trois semaines après sa naissance.
Le fardeau du traitement des enfants est également décourageant pour les gouvernements occidentaux, qui ont dû mettre en place des services spéciaux pour faire face aux profondes cicatrices psychologiques de leurs années passées dans les zones de combat.
Beaucoup présentent les symptômes du syndrome de stress post-traumatique, notamment des cauchemars intenses, un mutisme et un rejet viscéral de tout attachement à autrui.
«Ces enfants ont connu la faim et le froid. Certains avaient déjà été séparés de leurs parents, parfois pour les protéger de la guerre, et ils ont peur d'être à nouveau abandonnés », a déclaré Marie-Rose Moro, une médecin qui a soigné plusieurs familles de retour.

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