France voit la 21e semaine de manifestations; Résumé du débat sur l'état de préparation des gouvernements | Actualité économique

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Les manifestants défilent devant le cabaret du Moulin Rouge à Paris, en France, le samedi 6 avril 2019. Les manifestants du mouvement du gilet jaune défilent dans les rues de France pour un 21e week-end d'affilée. Des centaines de personnes se sont rassemblées pour une marche à travers Paris, l'une des nombreuses manifestations autour du pays. (AP Photo / Rafael Yaghobzadeh) The Associated Press

Par ELAINE GANLEY, Presse associée

PARIS (AP) – Les manifestants du mouvement du gilet jaune sont descendus dans les rues de France samedi pour un 21e week-end consécutif, alors que des milliers de personnes défilaient à travers Paris et qu'un groupe envahissait brièvement le périphérique achalandé autour de la capitale.

La police anti-émeute a rassemblé les manifestants sur le passage et a tiré une seringue de gaz lacrymogène dans la rue située au-dessus, apparemment pour empêcher les autres de pénétrer dans une bretelle donnant sur la route.

Lors d'une autre des nombreuses manifestations qui ont eu lieu samedi dans tout le pays, la police a tiré des gaz lacrymogènes à Rouen, en Normandie, lors d'une confrontation avec des manifestants à la suite d'incendies dans des poubelles et ailleurs.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé que le nombre de manifestants à Paris à midi était de 3 100, comparé aux 1 800 qui avaient été comptés une semaine plus tôt au même moment, ont rapporté les médias français. À l'échelle nationale, le ministère comptait 6 300 participants à la manifestation.

"Nous continuerons jusqu'à la victoire. Nous n'abandonnons rien, car aujourd'hui rien n'a été obtenu", a déclaré Agnès Berger, une manifestante de Saint Cloud, à l'ouest de Paris. "Nous avons toujours un système corrompu, une élite qui gouverne contre le peuple".

Le nombre de personnes participant aux manifestations de la veste jaune a diminué depuis que les premières manifestations contre les hausses de carburant à la mi-novembre ont attiré des centaines de milliers de personnes. Mais le mouvement populaire sans leader en faveur de la justice sociale et économique continue de poser un défi au président français Emmanuel Macron.

Macron a organisé un débat national pour répondre aux préoccupations relatives à la baisse du niveau de vie, aux salaires stagnants et au taux de chômage élevé qui ont été exprimées lors des manifestations. Le Premier ministre Edouard Philippe devrait faire une première récapitulation lundi du débat, puis s’adresser au Parlement. Toutes les propositions émanant des nombreuses réunions qui constituaient les initiatives étaient attendues plus tard.

De nombreux participants à la veste jaune restent sceptiques. Jeremy Gibon, de la banlieue de Le Mesnil-Amelot, a souligné la détermination des manifestants en appelant samedi à une solution radicale créant un "nouveau système".

"C'est une guerre d'usure", a déclaré Gibon. "Nous pensons que si nous faisons tout tomber, nous pouvons reconstruire quelque chose … Ce sera pour nous. Vous verrez."

Le mouvement tire son nom du fait que les manifestants portaient les gilets de sécurité fluorescents que les automobilistes sont tenus de porter en France dès le début. Les gilets symbolisaient la frustration suscitée par les augmentations de la taxe sur les carburants décidée par Macron comme une mesure dissuasive pour les conducteurs, une action destinée à lutter contre le changement climatique.

Les demandes du mouvement se sont depuis multipliées pour inclure un référendum populaire et la restauration d'un impôt sur la fortune, ce qui a pour effet d'accroître le pouvoir d'achat de la majorité de la population française.

À l'instar des demandes des manifestants, les tactiques policières visant à maintenir l'ordre lors des manifestations hebdomadaires ont évolué. La police parisienne a affiné sa stratégie pour rendre les policiers plus mobiles et plus actifs dans la lutte contre les dangers et les destructions. Un nouveau chef de police a été nommé.

Le mois dernier, des émeutiers ont mis le feu à des vies humaines, saccagé des magasins de luxe et attaqué la police autour de l'avenue des Champs-Élysées, célèbre pour sa beauté et ses boutiques haut de gamme. Les Champs-Élysées ont depuis été déclarés interdits aux manifestants.

Un personnage important du mouvement, Eric Drouet, figurait parmi une demi-douzaine de manifestants vus dans la zone interdite et a promis une amende qu'il compte contester, a déclaré l'avocat de Drouet, Kheops Lara, à la chaîne de télévision française LCI.

À Paris, une des deux marches de samedi s'est déroulée de la Place de la République à l'est au quartier des affaires La Défense, à l'extrémité ouest de la capitale. Le point d’arrivée a été choisi en raison de son importance dans le monde de la finance, a déclaré Drouet.

Le mouvement du gilet jaune "ne s'est pas arrêté du tout", a déclaré Drouet à LCI.

Dans le même temps, le Conseil constitutionnel français a opposé son veto jeudi à une mesure soutenue par le gouvernement Macron visant à empêcher la violence lors de manifestations. La loi n'a pas été proposée comme une conséquence des manifestations contre le gilet jaune.

Le Conseil constitutionnel a annulé les dispositions autorisant les préfets de région à interdire les manifestations aux personnes considérées comme une menace grave pour l'ordre public. Le conseil a décidé que les autorités disposeraient d'une "latitude excessive" et empiéteraient sur la liberté d'expression.

Mais il a approuvé d'autres parties de la loi – pas encore en vigueur. L'une élargit les circonstances dans lesquelles la police peut fouiller les sacs et les véhicules des manifestants. L’autre fait de la dissimulation le visage des manifestants, avec des condamnations pouvant aller jusqu’à un an de prison et à une amende de 15 000 euros (17 000 dollars).

Chris Den Hond et Sylvie Corbet à Paris ont contribué à ce rapport.

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