Un vendeur de bateaux français emprisonné pour avoir aidé des migrants à traverser la Manche

BOULOGNE-SUR-MER, France: Un patron français d'une entreprise de construction de bateaux d'occasion a été condamné à une peine de prison, vendredi 24 mai, pour avoir vendu des dizaines de navires à des migrants désespérés qui les ont utilisés pour traverser la Manche.

Emmanuel Desreux, âgé de 45 ans, a été condamné à 18 mois de prison et à une peine de 18 mois avec sursis pour avoir vendu, selon les enquêteurs, 39 bateaux pneumatiques équipés de moteurs permettant aux migrants de naviguer sur la voie navigable fréquentée de France à la Grande-Bretagne.

Jean-Claude Demeyer, 54 ans, chauffeur de taxi complice du transport des bateaux et de certains migrants vers les plages, a également été condamné par le tribunal de Boulogne-sur-Mer à un an de prison, avec sursis d'une autre année.

La police a ouvert une enquête sur les points de passage après avoir arrêté quatre Iraniens et deux chauffeurs de taxi en janvier sur une plage près de Calais.

Les informations fournies par les personnes arrêtées les ont conduits à Desreux et à son entreprise Fluvialys, située dans la ville de Deulemont, à la frontière belge.

Il a été inculpé de complicité de migration illégale outre-Manche d'octobre 2018 à mars 2019.

Cette période correspondait à une montée en flèche du nombre de migrants afghans, iraniens, irakiens et iraniens qui traversaient la Manche et tentaient d'atteindre l'Angleterre, ce qui a incité les forces de police britanniques et françaises à renforcer leurs patrouilles.

Les migrants avaient emprunté la voie maritime clandestine après avoir été frustrés dans leur tentative de grimper à bord de camions et d’autres véhicules traversant la France vers la Grande-Bretagne via le tunnel sous la Manche ou par des ferries.

Les autorités du nord du Pas-de-Calais ont déclaré que près de 500 migrants sur plus de 60 bateaux avaient réussi à atteindre les côtes anglaises entre octobre et mars. Certains des navires étaient des bateaux de pêche volés, alors que d’autres avaient été achetés par les migrants.

La police a trouvé 14 000 euros (près de 16 000 USD) en espèces dans la voiture de Desreux lors de son arrestation.

Aucun des hommes condamnés n’a exprimé de remords quant aux risques encourus par les migrants en traversant l’un des couloirs de navigation les plus fréquentés au monde, encombré de forts courants et de mauvaises conditions météorologiques.

"Tout dépend de la météo", a déclaré Desreux devant le tribunal. "Par mauvais temps, je leur ai dit (aux migrants) de rappeler plus tard."

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *