Les parents font appel au président français dans l'affaire du droit de mourir

Lille, France: Les parents d'un Français maintenu en vie dans un état végétatif pendant une décennie ont fait appel samedi au président Emmanuel Macron pour qu'il poursuive son traitement, deux jours avant que son médecin envisage d'arrêter tous les médicaments.

Vincent Lambert, qui a subi de graves dommages au cerveau après un accident de voiture en 2008, qui lui a valu d'être tétraplégique, est au centre d'une affaire juridique controversée qui a déchiré sa famille.

En 2014, ses médecins, soutenus par l’épouse de Lambert, Rachel, cinq de ses frères et sœurs et son neveu, François, ont décidé de mettre fin à sa nutrition et à son hydratation, conformément à la loi française sur l’euthanasie passive.

Mais ses parents, de fervents catholiques, ainsi que son demi-frère et sa soeur ont obtenu une ordonnance du tribunal d'interrompre le déménagement, estimant que son état pourrait s'améliorer avec un meilleur traitement.

"Monsieur le Président, Vincent Lambert mourra de manque d'hydratation dans la semaine du 20 mai si vous ne faites rien et que vous êtes la seule et unique personne pouvant intervenir", ont écrit leurs avocats, Jean Paillot et Jérôme Triomphe, dans une lettre ouverte samedi.

«Nous vous demandons de veiller à ce que le ministre de la Santé respecte les obligations de la France à l’égard des handicapés», ont-ils écrit.

Si Lambert devait mourir, la postérité considérerait cela comme un «crime d'État», ont-ils déclaré.

Ils ont appelé Macron à donner suite à une demande formulée par un comité des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées, qui avait demandé à la France de suspendre toute décision de retrait du contrat de survie tout en préparant un avis détaillé sur l'affaire.

Le comité de l'ONU a réitéré son appel vendredi.

La Conférence des évêques de France a ajouté sa voix à la controverse samedi, appelant les autorités à attendre les conclusions du comité des Nations unies.

"Pourquoi cette précipitation pour le mener à mort", ont-ils déclaré dans un communiqué. "Pourquoi l'Etat français, qui met un point d'honneur à sa promotion des droits de l'homme, se passerait-il du respect de cette convention pour Vincent Lambert?"

La ministre de la Santé, Agnes Buzyn, a déclaré que même si la France répondait au comité, il n'était tenu par aucune obligation légale de respecter sa demande.

La position officielle de la France est que les patients ont le droit de ne pas souffrir "d'obstination déraisonnable".

Le médecin de Lambert a annoncé le 10 mai à la famille qu'il arrêterait tous les traitements lundi.

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