Valley News – L’argent aide les footballeuses françaises à réduire leur retard sur les hommes

Valley News - L’argent aide les footballeuses françaises à réduire leur retard sur les hommes

Les femmes commencent lentement à s'aligner sur les hommes en France. Au football, c'est ça.

En France, le football féminin n’a jamais attiré l’intérêt, ni l’attention des médias, ni l’argent de l’équipe masculine. Cela est en train de changer avec l’organisation de la Coupe du Monde Féminine par le pays, avec des paris en rapport avec la vente de billets, les téléspectateurs, la couverture et surtout les fonds de sponsoring pour les joueuses françaises.

La société de produits chimiques Arkema a annoncé vendredi un contrat de trois ans portant sur les droits de dénomination avec la meilleure ligue professionnelle féminine pour la saison débutant en août. L’accord de sponsoring s’élève à 1,13 million de dollars par an, selon l’Agence France-Presse.

"Le contrat de nomination est une première pour le D1 féminin et constitue une excellente nouvelle pour le développement du football féminin, qui traverse une phase importante, comme on peut le voir, grâce au succès populaire de la Coupe du monde féminine," Noel Le Graet , le président de la Fédération française de football, a déclaré dans un communiqué.

Même si une fraction des 17,1 millions de dollars US payés par Uber Eats servira à nommer la Ligue 1 masculine cette saison, l’annonce de fonds s’annonce bien pour le secteur du football féminin en France. La Coupe du Monde Féminine – qui a débuté le 7 juin avec le dernier match prévu à Lyon – a déjà dépassé toutes les attentes, avec TF1, la chaîne de télévision française la plus regardée, augmentant les prix des publicités deux fois par semaine pour les matches de l’équipe française. Selon l'organisation mondiale de football FIFA, l'audience mondiale du tournoi pourrait atteindre 1 milliard de téléspectateurs, contre 750 millions lors de la dernière Coupe du monde en 2015.

Le football en France – comme ailleurs dans le monde – est encore essentiellement un sport masculin, les tournois féminins étant vus pour la plupart comme une mode américaine. Des films comme joue la comme Beckham en 2002, au sujet d’une équipe de jeunes filles britanniques aspirant à une carrière de footballeur, n’a guère contribué à changer cette opinion.

En France, qui a tardé à adhérer au mouvement féministe #MeToo, le nouvel intérêt pour le football féminin est un phénomène récent. La victoire en Coupe du Monde de l’équipe masculine pour la deuxième fois l’an dernier, après une première victoire en 1998, a contribué à son succès.

En signe que le football féminin en France a atteint une masse critique, France Football Le magazine, la bible des supporters de football français, consacre désormais des pages entières aux matches féminins et aux joueuses. Elle a même décerné son premier trophée féminin, le Ballon D’Or, l’an dernier au joueur du club lyonnais, Ada Hegerberg. Canal Plus, une chaîne de télévision payante qui diffuse des matchs de football masculin depuis des années, a décidé de diffuser les matchs de femmes la saison dernière.

La Coupe du Monde Féminine n’a fait que confirmer cet intérêt croissant: des stades comme le Parc des Princes, qui compte 48 000 places assises, ont été vendus à l’essentiel des matches. Dimanche, l’équipe féminine française a accédé aux quarts de finale après avoir battu le Brésil 2-1.

Le 7 juin, lors du match inaugural opposant la France à la Corée du Sud, TF1 a attiré en moyenne 9,8 millions de téléspectateurs, avec un pic de 10,9 millions de téléspectateurs, soit une part d'audience de 44%. Le 17 juin, lorsque la France a rencontré le Nigeria, TF1 a attiré 10,2 millions de téléspectateurs à son apogée. Le match entre la Suède et les États-Unis du 20 juin diffusé sur la chaîne câblée TMC a attiré 2,36 millions de téléspectateurs.

Selon Publicis Media, TF1 aura réalisé un chiffre d’affaires net de 10,25 millions de dollars alors que la France atteignait les huitièmes de finale, pouvant atteindre 17,66 millions de dollars si l’équipe se rend en demi-finale et 22,22 millions de dollars s’il se rend en finale.

"Nous sommes cependant loin des chiffres financiers du football masculin et il est douteux que les femmes puissent atteindre un tel stade dans les années à venir", a déclaré un porte-parole de Paris Saint-Germain, le célèbre club parisien qui a accueilli une équipe féminine depuis 2011, qui a demandé à ne pas être nommée. "Il reste encore beaucoup de chemin à faire."

Cela n’est nulle part plus évident que dans les salaires des joueurs.

Le joueur vedette du PSG, Neymar, a un salaire mensuel estimé à environ 3,5 millions de dollars, selon L’Equipe quotidien sportif. Le montant exclut les bonus et les contrats de publicité.

Comparez cela à ce que font les footballeuses. Le salaire mensuel d’une joueuse féminine du PSG est d’environ 11 000 $, tandis que l’Olympique Lyonnais de Lyon, qui forme une équipe féminine depuis 2004 et compte plusieurs stars internationales dans ses rangs, verse entre 34 000 et 45 000 $ par mois à ses joueuses, selon les chiffres France Football. Mais en moyenne, une footballeuse gagne 2 800 dollars par mois en France, selon les chiffres de FFF.

Certaines joueuses rattrapent lentement mais sûrement leur retard. La capitaine de l’équipe française, Amandine Henry, a signé un contrat avec une annonce pour Nike et est soutenue par l’opérateur télécom Orange et la société de loterie française FDJ.

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