Un comité de l'ONU se penche sur le cas français du droit de mourir

Un comité de l'ONU se penche sur le cas français du droit de mourir

LILLE, France: Un comité de l'ONU a demandé à la France de suspendre toute décision de retrait de l'aide à la vie pour un homme maintenu en vie dans un état végétatif pendant une décennie, faisant suite à une affaire juridique âprement disputée qui a déchiré sa famille.

La décision du comité des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées était le dernier rebondissement d'un drame juridique de longue date qui a déclenché un débat houleux en France sur le droit de mourir.

L'affaire est centrée sur le sort de Vincent Lambert, qui a subi de graves dommages au cerveau après un accident de voiture en 2008, qui l'a laissé tétraplégique. Depuis lors, il a été maintenu en vie grâce à une alimentation artificielle et à une hydratation dans un hôpital de Reims, dans le nord-est de la France.

Vincent Lambert, 42 ans, a subi une lésion cérébrale irréversible après un accident de voiture en 2008. (Photo AFP)

En 2014, les médecins, soutenus par l'épouse de Lambert, Rachel, cinq de ses frères et soeurs et son neveu, François, ont décidé de mettre fin à sa nutrition et à son hydratation, conformément à la loi française sur l'euthanasie passive.

Mais ses parents, des catholiques profondément dévots, ainsi que son demi-frère et sa soeur ont obtenu une ordonnance du tribunal d'interrompre le déménagement, estimant que son état pourrait s'améliorer avec un meilleur traitement.

La ministre de la Santé, Agnes Buzyn, a répondu que, bien que la France réponde au comité, la loi ne lui imposait aucune obligation.

"Nous ne sommes pas légalement liés par ce comité, mais nous tiendrons bien sûr compte de ce que l'ONU dit, et nous réagirons", a-t-elle déclaré à BFMTV dimanche (5 mai).

"Tous les recours judiciaires ont été épuisés et toutes les instances judiciaires, nationales et européennes, confirment que l'équipe médicale en charge de son cas a le droit d'arrêter les soins (de Lambert)."

Les avocats des parents de Lambert ont qualifié les propos du ministre de "irresponsables".

Le comité de l'ONU sur les droits des personnes handicapées "a été créé par une convention internationale que la France a ratifiée … acceptant ainsi librement de respecter les obligations qui en découlent", a déclaré Triomphe et un autre avocat, Jean Paillot, dans un communiqué publié dimanche.

"Conformément au droit international, les mesures conservatoires demandées par l'organe sont juridiquement contraignantes."

SOINS PALLIATIFS OU UNITÉ SPÉCIALISÉE?

Triomphe avait précédemment qualifié la recommandation de l'ONU de "grande réussite".

"Enfin, un organe spécialisé sera en mesure d'examiner les mérites de l'affaire", a-t-il déclaré à l'AFP tard samedi.

"Est-il juste qu'il soit dans un service de soins palliatifs … ou devrait-il être dans une unité spécialisée?"

Depuis le début de la bataille juridique, les tribunaux français ont largement soutenu les médecins, confirmant la décision prise plus tôt cette année de retirer le soutien vital de Lambert, un ancien infirmier psychiatrique âgé de 42 ans.

Ses parents ont alors interjeté appel devant le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative de France. Après confirmation de la décision, le mois dernier, ils ont saisi la Cour européenne des droits de l'homme et le Comité des droits des personnes handicapées de l'ONU.

Dans un arrêt rendu mardi, la Cour européenne a rejeté leur appel en suspension, faisant écho à une décision de 2015. Mais cela a été accepté par le comité des Nations unies qui a donné à la France six mois pour présenter ses observations sur l'affaire.

Gérard Chemla, avocat du neveu de Lambert, François, a qualifié la dernière tournure "d'épouvantable", affirmant à l'AFP que l'intervention du comité de l'ONU "au nom des droits de l'homme violerait les droits d'un homme qui souffre gratuitement depuis des années".

L'euthanasie active, par laquelle une personne provoque délibérément la mort d'un patient, est illégale en France malgré les efforts déployés récemment pour assouplir la législation relative aux malades en phase terminale.

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