Sondage sur les difformités à la naissance en France rurale n'éclaire pas | Nouvelles

PARIS (Reuters) – Une enquête sur les raisons pour lesquelles une douzaine de bébés nés sans mains ni bras dans une poignée de zones rurales de la France depuis 2000 n'a jusqu'à présent pas été en mesure de déterminer les causes, a révélé vendredi un rapport intermédiaire publié par le ministère de la Santé.

Les bébés atteints de troubles des membres sont nés dans la région rurale de l'Ain, dans l'est de la France, près de la frontière suisse, ainsi que dans les régions du Morbihan et de la Loire-Atlantique, dans l'ouest de la France.

Les médias rapportent des rumeurs selon lesquelles les naissances auraient été causées par une sorte de toxine dans les aliments, l'eau ou l'air, ou par la responsabilité des pesticides.

Mais le rapport intermédiaire tant attendu de Sante Publique France, une agence du ministère de la Santé, n'offrait aucun soulagement aux familles à la recherche de réponses.

Le groupe d'experts a conclu qu'il n'existait aucune preuve d'un "groupe" d'affaires dans la région de l'Ain, où il a été signalé qu'il y en avait six. Il a dit qu'il y avait un groupe dans le Morbihan, qui impliquait trois bébés.

Des enquêtes supplémentaires doivent être effectuées dans la région de la Loire-Atlantique, à proximité. Il n'a pas donné de chiffres pour cette région, mais les médias ont rapporté plusieurs cas dans ce pays.

Dans le document de 265 pages, les experts ont déclaré qu'il était impossible de tirer des conclusions définitives et que les facteurs environnementaux éventuels seraient évalués ultérieurement.

"Des études scientifiques, des questionnaires et des tests sur l'environnement local ont été conduits par Santé Publique France qui n'a pas identifié de cause évidente", lit-on dans le rapport.

Un deuxième rapport est attendu pour la fin de l'année.

L’épidémiologiste Emmanuelle Amar, qui a révélé pour la première fois les anomalies congénitales dans l’Ain, a déclaré à Reuters l’année dernière que les mères des bébés affectés avaient en commun le fait qu’elles vivaient dans des zones de culture de céréales au milieu de champs de maïs et de tournesol.

"Nous n'avons pas de réponses à nos questions", a déclaré à France Info Samuel Bernard, père d'une fille née en 2013 avec un bras gauche manquant dans le Morbihan. Elle a ajouté que d'autres familles souhaitaient la tenue d'une enquête indépendante.

Les registres hospitaliers indiquent des anomalies dans un membre chez 1,7 naissance sur 10 000, soit environ 150 cas par an en France. Les anomalies congénitales peuvent avoir plusieurs causes, notamment des troubles chromosomiques, la consommation de drogues ou l'exposition à des substances toxiques.

Les autorités ne disposent que de six registres couvrant environ 20% de la population française pour produire les chiffres, ce qui rend difficile une enquête nationale.

À la fin des années 50 et au début des années 60, environ 10 000 bébés dans le monde sont nés avec des membres mal formés ou manquants après que leur mère eut reçu le médicament thalidomide pour traiter les nausées matinales.

(Reportage de Matthias Blamont; édité par Edmund Blair)

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