L'Iran proteste contre les commentaires nucléaires de la diplomate en France | Nouvelles du monde

LONDRES (Reuters) – Iran a protesté dimanche en France contre les propos de l'ambassadeur de France à Washington concernant le droit de Téhéran à enrichir de l'uranium après 2025.

Dans le cadre d'un accord de 2015 avec les puissances mondiales, Téhéran a décidé de restreindre son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions qui avaient paralysé son économie.

Certaines de ces limites doivent être supprimées au bout de 10 ans et d’autres au bout de 15 ans.

Cependant, le président américain Donald Trump s'est retiré de l'accord l'année dernière, affirmant que l'un des défauts de l'accord réside dans le fait que les limites du programme nucléaire iranien commencent à expirer.

Gérard Araud, ambassadeur de France aux Etats-Unis, a déclaré samedi sur Twitter: "Il est faux de dire qu'à la fin du JCPOA (l'accord sur le nucléaire), l'Iran sera autorisé à enrichir de l'uranium", ajoutant que des sanctions pourraient être imposées à nouveau. .

L’Iran affirme que son programme nucléaire est axé sur l’énergie pacifique et à des fins médicales et qu’il a le droit de traiter l’uranium comme combustible dans les réacteurs en vertu du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), un pacte mondial visant à prévenir la prolifération des armes atomiques.

Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré que les propos d'Araud constituaient "une violation majeure de l'objet et du but du JCPOA", ajoutant qu'ils avaient besoin d'une "clarification immédiate par Paris, sinon nous agissons en conséquence".

L’Iran a également protesté auprès de l’ambassadeur de France à Téhéran, qui venait de remettre ses lettres de créance au gouvernement.

Araud, qui avait déjà pris part à des pourparlers nucléaires avec l'Iran, devrait prendre sa retraite le 20 avril. Ses commentaires sur l'Iran n'étaient pas visibles sur son compte Twitter quelques heures après la manifestation de l'Iran.

Le gouvernement français n'était pas immédiatement disponible pour commenter.

D'autres pays signataires de l'accord nucléaire, la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l'Allemagne et la Russie, tentent toujours de sauver l'accord, malgré le retrait des États-Unis.

La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont mis en place un nouveau mécanisme pour les échanges non monétaires avec l’Iran afin de contrer le renouvellement des sanctions américaines.

Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s'est plaint dimanche du retard pris dans la mise en œuvre du mécanisme, appelant ainsi l'Europe à le rendre opérationnel le plus rapidement possible.

(Reportage de Bozorgmehr Sharafedin, reportage supplémentaire de John Irish à Paris, édité par Alexander Smith)

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