Les Français, les nazis et la guerre pour le sauvetage du champagne français, une boisson céleste

La bataille était presque terminée. Pour les soldats des forces alliées, l'idée même de trésors que les nazis auraient pu ranger dans des recoins lointains était tellement irrésistible qu'ils ne voulaient laisser aucune pierre non retournée lors de leurs raids.

Chercheurs, c'était la politique qui régnait en ces temps de pandémonium.

Ainsi, le 17 mai 1945, alors qu'ils gravissaient la montagne de Kehlstein dans les Alpes bavaroises près de Berchtesgaden, leur cœur battait à tout rompre avec anticipation et joie. Au sommet de la montagne, se trouvait le nid de l'aigle, un chalet qui appartenait à nul autre qu'Adolf Hitler (il l'a reçu en cadeau d'anniversaire).

Les soldats savaient que de nombreuses stratégies nazies étaient rédigées, ciselées et affinées depuis ce chalet au sommet de leur direction. Négociant par des tunnels, quelques soldats ont finalement franchi la montagne et sont entrés par effraction dans le Nid de l'Aigle, d'où ils ont pu surveiller l'étendue du pays.

Bernard de Nonancourt, sergent de l’armée française, est l’un des rares hommes à s’être rendu au Nid de l’Aigle. Curieux, debout devant une porte en acier, Nonancourt la fit sauter d'un coup de fusil. Qu'a-t-il vu à l'intérieur? Des centaines de précieuses bouteilles de champagne que les soldats nazis avaient pillées dans les distilleries de France.

Il prit une bouteille vintage et lut le nom – Salon. Nonancourt déboucha la bouteille, prit une gorgée, la glaça pendant un moment dans sa bouche, savourant son goût paradisiaque. Il soupira. Ça y est. Un jour, si ce vin est mis en vente, il regarde de nouveau la bouteille tout en faisant solennellement le vœu, je l'achèterai.

Ce n’était pas une simple chimère d’un sergent ordinaire qui buvait du champagne. Mais avant de revenir à Nonancourt, essayons de savoir pourquoi les nazis s’étaient intéressés au salon.

Eugène-Aimé Salon, marchand de manteaux de fourrure au début du XXe siècle, n'avait rien à voir avec le champagne, sauf en tant que connaisseur jusqu'à ce qu'il décide un matin de créer ce qu'il aime boire. La genèse d'une légende était aussi simple que cela. Il aimait le goût du cépage Chardonnay à une époque où les Champagnes de premier choix optaient pour le Pinot Noir.

Des amis l'ont averti que le Chardonnay seul ne ferait pas le corps de la boisson et qu'il devait, comme c'était l'habitude, le construire avec d'autres cépages. Un Salon obstiné a dit non, il marcherait au son de la musique qu'il ne pouvait entendre. Ce sur quoi le salon comptait à l'aveuglette était ses papilles gustatives, son intuition et son imagination. Il a estimé que le monde irait après ce qu'il voudrait.

Après avoir testé les eaux en 1905, il fit flotter le Salon Champagne en 1911. Bientôt, avec des techniques de marketing ingénieuses, la nouvelle boisson écrivit une histoire de conte de fées.

Ainsi, lorsque des Allemands ont pillé le pays conquis des décennies plus tard, ils se sont lancés dans la quête du plus grand trésor de France, les Champagnes. Ils ont volé des milliers de bouteilles, en particulier le plus précieux des salons, et les ont cachées dans des cachettes comme le nid de l'aigle (Hitler n'était qu'un teetotaler).

Vous devez maintenant savoir que notre Bernard de Nonancourt, que nous avons vu pénétrer dans la cave secrète du Führer dans le nid de l'Aigle, n'était pas un soldat ordinaire. Quand il a fait vœu d'acheter le champagne qu'il aurait goûté s'il venait à la vente, il le pensait vraiment.

C'est pour venger la mort de son frère tué dans un camp de concentration que Nonencourt, déjà actif dans le commerce de la Champagne, rejoint le mouvement de la Résistance. Une fois qu'il vit son ennemi périr et la France libérée des chaînes de l'occupation allemande, Nonancourt retourna dans son entreprise familiale de Champagne.

En 1988, le groupe Laurent-Perrier (aujourd'hui le plus grand groupe de champagne indépendant), dirigé par Nonancourt, rachète la maison de Champagne Delamotte et l'intègre à la famille.

La même année, il attire l'attention sur le voisin de Delamotte sous un nom intéressant: Salon.

Il a été mis en vente.

(Manu Remakant est un écrivain indépendant qui dirige également un blog vidéo – A Cup of Kavitha – qui présente la poésie du monde aux Malayalees. Les points de vue exprimés ici sont personnels)

| Édité par: Ahona Sengupta

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