L’Église catholique aux États-Unis et en France confrontée à la tourmente et au doute – Actualités

L’Église catholique aux États-Unis et en France confrontée à la tourmente et au doute - Actualités

Outils d'article


Photo de l'aumônier-pompier Jean-Marc Fournier devant Notre Dame la nuit de l'incendie

Photo: N / A, Licence: N / A, Créé: 2019: 04: 23 12:13:06

PHOTO SOUMISE François Ozon a reconstitué les événements de l'affaire contre Bernard Preynat, un prêtre accusé d'avoir violé et agressé des dizaines de garçons, dans «Grâce à Dieu».

Le 15 avril, Notre Dame de Paris a pris feu et de nombreux dégâts ont été causés à la cathédrale, qui est connue depuis des siècles comme un symbole religieux et culturel dans le monde entier.

Le jour de Pâques, l'archevêque de Paris, Michel Aupetit, a célébré la messe à l'église voisine de Saint-Eustache, dont l'architecture a été inspirée par Notre-Dame.

Dans son sermon, il a remercié les pompiers de Paris pour leur courage et leur dévouement. Il a également demandé: «Où est le corps du Christ?» Au cours de cette période de carême et de Pâques, la question était difficile pour l’Église catholique de France, ébranlée par des scandales, des poursuites judiciaires et un procès très médiatisé impliquant son plus haut dignitaire, Cardinal Philippe Barbarin.

Aux États-Unis, le scandale des abus sexuels au sein de l’Église catholique a éclaté sur la scène nationale en 2002 avec l’exposé des abus commis par le Globe de Boston dans l’archidiocèse de Boston. L’enquête du journal a abouti à la poursuite de cinq prêtres. Il a également servi de catalyseur, donnant à de nombreuses victimes longtemps restées silencieuses le courage de s’exprimer. À ce moment-là, un sondage de Gallup révéla que, après le scandale de Boston, 22% des catholiques américains envisageaient de quitter l'église.

Cette année, le 13 mars, un jour après la condamnation du cardinal australien Pell à six ans de prison pour agression sur deux garçons de choeur à Melbourne, un autre sondage Gallup a révélé que 37% des catholiques américains interrogés avaient exprimé le désir de partir.

L’Église catholique en France a récemment été secouée par le même type de scandales, mais à certains égards, la situation est plus grave. Si nous comparons les chiffres, en tenant compte des variations de fiabilité des enquêtes en général, 23,9% des Américains (environ 72 millions) s’identifient comme catholiques et 39% d’entre eux affirment assister à la messe chaque semaine. En France, 53%, soit environ 35 millions de personnes, se déclarent catholiques, mais seulement entre 2% et 6% de la population en général assistent à la messe hebdomadaire. Cela revient à environ 1 million et demi de fidèles dans un pays peuplé de plus de 67 millions.

Ces chiffres, en termes de pratique religieuse, font du catholicisme une religion minoritaire, aux côtés de l'islam et du protestantisme, dans un pays où la plupart des citoyens se déclarent agnostiques ou athées. Aujourd'hui, pour les Français, le catholicisme représente une identité culturelle vague et rares sont ceux qui se disent catholiques comprennent le fonctionnement de leur foi.

En outre, l'exposition à des abus sexuels au sein de l'Église catholique est venue plus tard en France, en partie parce que les victimes étaient trop souvent ignorées par la hiérarchie de l'Église. Un cas typique est celui du prêtre Bernard Preynat, aujourd'hui âgé de 73 ans. Entre 1970 et 1991, Preynat, très actif dans le mouvement des scouts catholiques, a violé et agressé des dizaines de garçons. Ce n'est qu'en 2016 qu'il a été inculpé d'agression sexuelle sur des mineurs par une personne exerçant l'autorité.

Le père Preynat, toujours prêtre, mais sans paroisse et vivant sous surveillance judiciaire à Lyon, troisième ville de France, devrait être jugé plus tard cette année. Son cas a toutefois eu de graves répercussions sur l'archidiocèse de Lyon et sur son évêque, le cardinal Philippe Barbarin.

Le 7 mars, le cardinal a été condamné à une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pour non-dénonciation d'agression sexuelle. En d'autres termes, les tribunaux français l'ont accusé d'avoir dissimulé les crimes de Preynat, dont il était apparemment au courant. Le 18 mars, le cardinal Barbarin a présenté sa démission au pape François, qui l'a refusée. Le pape a invoqué pour motif la présomption d'innocence, le cardinal Barbarin faisant appel.

Dans un pays comme la France, dont la révolution a été combattue à la fois contre le roi et contre l’église, ce scandale a semé le discrédit sur une institution qui luttait déjà pour se maintenir. Dans un film français intitulé "Grâce à Dieu" – sorti en février, le réalisateur François Ozon reconstitue les événements de l'affaire Preynat. Son titre est basé sur les propos du cardinal Barbarin qui, dans une interview publique, a déclaré que «grâce à Dieu», certaines accusations portées contre le prêtre pédophile restent hors de la portée des tribunaux en raison du délai de prescription.

À la veille du carême de cette année, un autre scandale sexuel a été placé sous les projecteurs de la scène nationale. Le 5 mars, un documentaire a été diffusé sur Arte, une chaîne de télévision publique franco-allemande. Son titre: «Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise» – «Les femmes religieuses maltraitées, l’autre scandale de l’Église».

Ce documentaire s'appuie sur deux années d'entretiens et de recherches menées par Marie-Pierre Raimbault et Eric Quintin. Ses découvertes révèlent une fois de plus des dissimulations par la hiérarchie de l'église, trop aveugle ou trop fière pour identifier la corruption qui les habite. Les accusations les plus accablantes concernent deux frères dominicains, Marie-Dominique et Thomas Philippe, qui, selon les religieuses qu’elles ont maltraitées, ont institué un système d’esclavage sexuel. Marie-Dominique Philippe, qui a fondé une communauté religieuse charismatique dans les années 1970 et est décédée en 2006, était un ami proche du pape Jean-Paul II et certains pensent que le pape était au courant de son comportement.

L’année 2019 pourrait bien être la «France 2002», une année unique en son genre concernant les abus sexuels et l’hypocrisie au sein de l’Église catholique. Frédéric Martel, journaliste et chercheur français, a récemment publié Sodoma, enquête au Cœur du Vatican. du livre, il n’est pas difficile de comprendre de quoi il s’agit.

Après quatre années d'enquête interne, avec des preuves solides à l'appui, Martel accuse les prélats de l'église qui condamnent le plus l'homosexualité, que ce soit en France ou ailleurs, de se pratiquer eux-mêmes comme homosexuels. Bien que le livre soit souvent répétitif, il fournit de nombreuses preuves du double standard de l’église concernant l’homosexualité et les mœurs sexuelles en général.

Tout ce qui précède a fait de 2019 une année douloureuse pour l’Église catholique française. Pourtant, au niveau local, les prêtres de paroisse travaillent. En contact direct avec les paroissiens, ils portent souvent le fardeau des accusations portées contre leurs supérieurs. Beaucoup sont responsables de plusieurs églises. Ceux qui atteignent l'âge de la retraite doivent souvent se tourner vers l'Afrique francophone s'ils espèrent être remplacés, le nombre de vocations ayant radicalement diminué en France.

Lorsque Notre-Dame a brûlé, le Père Jean-Marc Fournier, l'aumônier des pompiers de Paris, est entré dans l'église et a sauvé le Saint-Sacrement. Mais comment, nombreux sont ceux qui se demandent, après des décennies de scandale sexuel et de refus de la hiérarchie d'admettre l'hypocrisie sexuelle en son sein, l'Église catholique peut-elle se sauver?

(Honicker peut être atteint
à honicker.republicanherald@gmail.com)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *