La France veut des garanties d'emploi chez FCA-Renault et Nissan à bord | Nouvelles

La France veut des garanties d'emploi chez FCA-Renault et Nissan à bord | Nouvelles

Par Sudip Kar-Gupta

PARIS (Reuters) – La France demandera la protection des emplois locaux et d'autres garanties en échange de son soutien à la fusion entre les constructeurs automobiles Renault et Fiat Chrysler, a annoncé mardi son ministre des Finances, soulignant les défis auxquels le plan était confronté.

Par ailleurs, le président de Renault, Jean-Dominique Senard, est arrivé au Japon pour discuter du projet de rapprochement avec le partenaire existant de la société française, Nissan – un autre obstacle potentiel à la fusion de plus de 35 milliards de dollars.

Renault et son rival italo-américain, Fiat Chrysler Automobiles (FCA), sont en pourparlers pour faire face aux coûts engendrés par de profonds changements technologiques et réglementaires en créant le troisième constructeur automobile mondial.

Les actions des deux sociétés ont fait un bond lundi après l'annonce d'un accord qui créerait un secteur n ° 3 derrière les constructeurs japonais Toyota et allemand Volkswagen et viserait 5 milliards d'euros d'économies par an.

L'action Renault a progressé de 1,3% à 10h30 GMT, soit une progression de 12% par rapport à lundi. Les actions de Fiat étaient restées inchangées à Milan, mais l’action cotée aux États-Unis était en hausse de 8% après un jour férié lundi.

Les analystes mettent en garde les entreprises face au défi de gagner de puissants acteurs allant des gouvernements français et italien aux syndicats et à Nissan.

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré mardi à RTL que ce projet était une bonne opportunité pour Renault et le secteur automobile européen, qui souffre depuis de nombreuses années de surcapacités et d'une demande maîtrisée.

Mais il a ajouté que le gouvernement français demanderait quatre garanties en échange de son soutien à un accord prévoyant la réduction de sa participation de 15% dans Renault à 7,5% de l'entité combinée.

CONDITIONS

"Le premier: les emplois industriels et les sites industriels. J'ai très clairement dit au président de Renault que c'était la première des garanties que je lui souhaitais lors de l'ouverture de ces négociations. Une garantie sur la préservation des emplois et des sites industriels en France", dit le maire.

Le ministre a également déclaré que la France souhaitait être bien représentée au sein du conseil d'administration de la nouvelle société, pour devenir un leader dans le développement de batteries électriques et pour que l'accord soit conclu "dans le cadre de l'alliance entre Renault et Nissan".

Une source proche du dossier a confié lundi à Reuters que Renault et la FCA avaient pris des engagements concernant le maintien des emplois et des sites industriels, laissant ainsi la place à des licenciements de cols blancs et d'ingénierie, ainsi qu'à des réductions de personnel dans certaines usines.

Lundi également, le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini a déclaré que Rome pourrait devoir prendre une participation dans la société fusionnée, afin d'équilibrer la participation française.

Le Maire a déclaré qu'il avait personnellement parlé aux Japonais du lien envisagé. Quand on lui a demandé comment ils avaient réagi, il a répondu: "Je regarde la réaction du président de Nissan, M. Saikawa, et c'est une réaction ouverte."

Selon des analystes, Nissan, détenu à 43% par Renault et détenant 15% des actions sans droit de vote de la firme française, pourrait être réticent à soutenir un partenariat FCA-Renault qui utiliserait probablement moins sa technologie que l'actuel Renault -Alliance Nissan.

Hiroto Saikawa, PDG de Nissan, a toutefois déclaré mardi à la télévision japonaise que "le renforcement de l'alliance et les discussions constructives sont tournés vers l'avenir et que nous sommes ouverts à des discussions constructives".

L'alliance Renault-Nissan est sous tension depuis l'arrestation et le limogeage de son ancien président, Carlos Ghosn, à la fin de l'année dernière pour des raisons financières. Nissan a récemment rejeté une proposition de fusion de son partenaire.

(Reportages supplémentaires de Laurance Frost, Myriam Rivet, Gilles Guillaume et Naomi Tajitsu; édité par Mark Potter et Keith Weir)

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