La France peut-elle continuer à gagner comme ça?

La France peut-elle continuer à gagner comme ça?
Les joueurs français célèbrent le but d'Amandine Henry

La France célèbre le but d'Amandine Henry en prolongation.

FRANCK FIFE / AFP / Getty Images

Pendant près de 80 minutes dimanche, le Brésil et la France ont joué le match le plus unilatéral de cette ronde éliminatoire de la Coupe du monde.

Pas de compétition. À cet égard, le match a été serré et a nécessité 120 minutes, une pause du défenseur français Griedge Mbock Bathy et un but d'Amandine Henry en prolongation pour séparer la France, co-favorite du Brésil, 2 -1. Le jeu était plutôt déséquilibré géographiquement, les deux équipes voulant jouer du même côté du terrain. Ce n'est que lorsque la France a réussi à s'ouvrir spatialement qu'elle a pris le contrôle du match.

Kadidiatou Diani a trébuché entre joueur en avant et joueur sur le flanc droit pour la France tout tournoi. Dimanche, elle était nominalement attaquante, mais elle a passé une grande partie de son temps à droite, une ailier auxiliaire, dans les mêmes espaces que la véritable ailier Viviane Asseyi. L’attaquant Valérie Gauvin a commencé à dériver de ce côté parce que c’est là que se trouvait la balle. Henry, le milieu de terrain central, est venu à bout pour servir de débouché à tous ses attaquants. Il était bondé.

Le Brésil, pour sa part, voulait passer le match sur son flanc gauche, c'est-à-dire le même côté du terrain, attaquant la France par l'arrière gauche, Tamires, et l'esprit rapide de l'ailier Debinha. Ces deux joueurs, ainsi que l'attaquant Christiane et le milieu de terrain central Thaisa, ont cherché à tirer parti des chiffres que la France publiait pour marquer le but. C’était un match de football dans une salle de bowling, une voie étroite permettant de voir l’action principale.

Le Brésil en a profité plus longtemps, tant qu'il a duré. Il a terminé le match avec plus de tirs cadrés, une part de possession presque égale et sans doute plus de grandes chances. Il semblait capable de sortir plus tôt et plus souvent, de trouver ses joueurs dans des positions centrales dangereuses. Il a engagé ses défenseurs à bloquer la France sur le flanc, en envoyant huit ou neuf de ses joueurs sur le terrain et en incitant la France à sortir avec un grand commutateur. La France était curieusement réticente à le faire, estimant qu'elle possédait peut-être le meilleur arrière gauche et peut-être le meilleur ailier gauche du monde. Plusieurs de ses meilleures chances provenaient de retrouver ces deux joueurs dans l'espace, mais cela ne semblait jamais être le premier passage que les joueurs français cherchaient à faire.

La France a finalement rétabli une certaine symétrie en introduisant Gaëtane Thiney pour Asseyi à la 81e minute. A partir de là, elle réussit mieux, retrouvant plus souvent Eugénie Le Sommer et Amel Majri sur le côté opposé. Le but de Henry est venu quand elle a rencontré un coup franc dans la surface, mais c’était le genre de ballon que la France aurait dû frapper dans tous les matchs.

La France n’a pas dépassé ses adversaires comme le co-favori des États-Unis. Il a maintenant remporté trois matches serrés de suite dans cette Coupe du monde. Le récit de la France peut dégénérer en plusieurs directions: il n’a pas été à la hauteur des éloges et de l’anticipation qu’il avait reçus lors de la préparation de ce tournoi; ou il joue au niveau de ses adversaires; ou c’est une équipe difficile mentalement capable de remporter des victoires même dans des circonstances difficiles. Tant qu’il restera en vie dans le tournoi, son histoire ne sera pas corrigée. Mais comme le vainqueur des États-Unis et de l’Espagne l’attend en quarts de finale, il doit éviter de se faire piéger en jouant le jeu de son adversaire s’il veut continuer à progresser.

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