La France passe en revue les méthodes de police après les manifestations contre la veste jaune

PARIS: Le ministre français de l'Intérieur a lancé lundi 17 juin un examen des méthodes de police utilisées pour contrôler les manifestations depuis l'émergence du mouvement du "gilet jaune", dont les manifestations hebdomadaires sont souvent devenues violentes.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a expliqué la manière dont la police avait géré les manifestations, mais a chargé un groupe d'experts spécialement choisi, composé d'une quinzaine d'experts, de développer de nouvelles idées pour la gestion des manifestations.

Le mouvement du gilet jaune, qui a émergé l’année dernière pour dénoncer la politique du président Emmanuel Macron, organise des manifestations hebdomadaires en France depuis sept mois.

À certaines occasions, notamment à Paris, les manifestations ont dégénéré en batailles acharnées dans les rues avec la police, les deux camps se faisant mutuellement accuser de violence.

"Je veux entendre ce que vous pensez de l'usage de la force, des armes que nous utilisons et de ce que certains appellent des" violences policières "", a déclaré Castaner aux experts, parmi lesquels un procureur, un sociologue et des responsables de la sécurité.

'ORDONNANCE DE PROTECTION'

Mais Castaner, un fidèle allié de Macron qui s’est fermement opposé à l’agitation dans les manifestations, a indiqué qu’il ne s’attendait pas à ce que la police revienne à une tactique à la fois douce et douce.

Les militants en veste jaune reprochent à la violence policière de causer de nombreuses blessures. 23 manifestants ont perdu un œil et cinq une main. (Photo: AFP / Mehdi Fedouach)

"Nous n'allons pas répondre aux cocktails Molotov avec des sentiments agréables et nous ne protégerons pas l'ordre de la République avec des paroles douces", a-t-il déclaré.

"J'ai besoin de vos idées pour réagir fermement à la violence débridée tout en protégeant" même ceux qui ont commis "ces excès".

Il y a eu une énorme controverse en France sur les tactiques employées par la police pour rétablir l'ordre lors des manifestations avec gilet jaune.

La police française utilise l'arme de poche flash-ball non létale ainsi que des grenades pour piéger les manifestants.

Selon l'Inspection nationale de la police (IGPN), les forces de sécurité ont utilisé trois à quatre fois plus de balles flash et de grenades piqûres en 2018 par rapport à l'année précédente, à la suite de l'émergence du mouvement du gilet jaune.

Les activistes affirment que l'utilisation de tels dispositifs a accru inutilement le risque de blessures graves pour les manifestants.

Des militants en veste jaune disent que 23 manifestants ont perdu l'usage d'un œil, cinq ont perdu une main et un testicule, tandis que des dizaines d'autres ont été blessés.

Plus tôt ce mois-ci, des manifestants ont organisé une manifestation appelée "la marche des mutilés" pour dénoncer ce qu'ils ont qualifié de violences policières.

Mi-mai, le ministère de l'Intérieur a déclaré que 2 448 manifestants avaient été blessés, ainsi que 1 797 membres des forces de sécurité.

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