Extradition de Ian Bailey recherché par la France après la condamnation pour meurtre de Toscan du Plantier
La Haute Cour Pénale de Paris a condamné Ian Bailey du meurtre de la française Sophie Toscan du Plantier, plus de deux décennies après la découverte de son corps violemment battu près de sa maison de vacances située à l'ouest de Cork
L’Anglais (62 ans) a été condamné par contumace à 25 ans de prison.
Le verdict a été décrit comme une étape importante dans l'une des plus longues sagas judiciaires de l'histoire irlandaise et française. Le tribunal a également ordonné qu'un nouveau mandat d'arrêt européen soit émis, demandant à l'Irlande d'extrader M. Bailey vers la France pour la troisième fois.
«La cour estime qu'il existe suffisamment de preuves pour établir que Ian Bailey a commis le crime dont il est accusé», a déclaré la juge Frédérique Aline, qui a présidé le procès, au cours d'une demi-heure d'explication de sa décision.
Un avocat de la famille de la victime a demandé 500 000 euros de dommages-intérêts à la commission française pour victimes d'infractions pénales et 365 000 euros à M. Bailey. La décision concernant les dommages sera annoncée le 11 juin.
La famille a pleuré
Au moins deux membres de la famille de Mme Toscan du Plantier ont pleuré lors de l'annonce du verdict. Pierre-Louis Baudey-Vignaud (38 ans), l’enfant unique de la victime, embrassa longuement son père, Pierre-Jean, premier mari de Mme Toscan du Plantier.
Les familles ont souligné que le procès, bien qu'essentiel, n'était que la fin du début. Ils veulent que l'Irlande extrade M. Bailey pour un nouveau procès et veulent le voir en prison.
"Il n’ya plus aucun doute (sur la culpabilité de M. Bailey)", a déclaré Pierre-Louis Baudey-Vignaud. «Nous allons maintenant passer à la prochaine étape et un jour, Ian Bailey, qui a tué ma mère, ira en prison.»
Extrader
M. Baudey-Vignaud a exprimé l'espoir que le sens d'humanité de l'Irlande l'amènerait à extrader M. Bailey.
Le père de M me du Plantier, Georges Bouniol (93 ans), était loin d’être ravi. «Je veux que ma fille soit en vie et avec nous aujourd'hui comme elle le devrait et ce n'est pas possible», a-t-il déclaré.
La décision en soi ne signifie probablement pas qu'il puisse être extradé, selon une source relevant du droit de l'extradition. La Cour suprême a décidé en 2012 qu'il ne pouvait pas être extradé. Cependant, une modification récente de la loi irlandaise pourrait signifier que la porte à l'extradition est "un peu plus ouverte", a déclaré la source.
M. Bailey, qui a à plusieurs reprises nié toute implication dans le meurtre, a refusé d'assister au procès. Ainsi que ses avocats français et irlandais. L'avocat Frank Buttimer, qui représente M. Bailey depuis plus de deux décennies, a qualifié le verdict de "déni de justice grotesque". Il a déclaré que c'était "un résultat prévisible dès le début… rien de plus qu'un exercice d'approbation afin de valider la conviction prédéterminée des autorités en France que Ian Bailey est coupable".
Témoignage rétracté
Les juges ont fondé leur verdict sur les blessures infligées à M. Bailey, qu'il n'avait pas avant le meurtre, sur les déclarations de culpabilité prononcées contre quatre personnes, sur la connaissance du meurtre et sur la nationalité de la victime avant leur publication, ainsi que sur ses antécédents de violence son partenaire.
Les Français ont estimé que le témoignage de la témoin Marie Farrell selon lequel elle aurait vu M. Bailey près du domicile de la victime au moment du meurtre serait valide, bien qu'elle se soit rétractée par la suite.