Des constructeurs français et italiens forment une alliance navale | Nouvelles du monde

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PARIS (Reuters) – La France et l'Italie ont conclu vendredi une alliance militaire dans le secteur de la construction navale, alors que le groupe contrôlé par l'État, Naval Group, et Fincantieri ont signé un accord de partenariat à parts égales (50/50) visant à vendre des projets de navires de guerre franco-italiens et à vendre sur le marché mondial.

L'alliance reflète la volonté des deux pays de contrer la concurrence dans le secteur de la construction navale de la Chine, des États-Unis et de la Russie.

Il vise des commandes pouvant atteindre 5 milliards d’euros (5,63 milliards de dollars) au cours de la prochaine décennie. Naval Group a déclaré que la coentreprise avait pour objectif de construire 10 à 15 navires de guerre au cours de cette période, avec des synergies estimées à 10-15%.

"C’est le produit d’une ambition industrielle partagée", a déclaré à la presse Hervé Guillou, directeur général de Naval Group.

"Nous sommes de loin les deux plus grands constructeurs de navires de guerre en Europe, mais nous ne pouvons pas rester concurrentiels et maximiser nos ressources si nous ne comptons que sur nos marchés nationaux."

L'entreprise commune n'entraîne pas d'échange d'actions entre les deux groupes.

La France et l'Italie ont d'abord présenté leurs projets d'approfondissement de la coopération dans le secteur de la construction navale en septembre 2017.

Cependant, les relations politiques et commerciales entre les deux puissances de la zone euro sont devenues de plus en plus tendues et l'incertitude pèse sur d'autres accords.

Plus tôt ce mois-ci, Fiat Chrysler avait retiré sa proposition de fusion de 35 milliards d'euros avec Renault, le constructeur automobile italo-américain et Rome accusant le gouvernement français d'intervenir à la suite de la faillite de la transaction.

Dans le même temps, à la demande de la France, le responsable de la législation antitrust de l'Union européenne examine l'acquisition par Fincantieri d'une participation de 50% dans le constructeur français Chantiers de l'Atlantique, anciennement STX, ce qui irritait Fincantieri et Rome.

Les hauts dirigeants de Fincantieri se sont récemment déclarés confiants d’obtenir l’approbation de Bruxelles, mais cela pourrait prendre plusieurs mois.

La joint-venture entre Fincantieri et Naval Group, dans laquelle la société française de défense Thales détient 35% du capital, cherche à équilibrer le pouvoir au sein de l'alliance.

Cela a constitué une pierre d'achoppement pour d'autres fusions franco-italiennes telles que le difficile partenariat Essilor-Luxottica.

La nouvelle entreprise aura son siège à Gênes et son centre d’ingénierie sera basé dans le sud du Var, en France.

Son directeur général, Claude Centofanti, est un Français et son président, Giuseppe Bono, un Italien qui est également président de Fincantieri.

Les deux sociétés ont déclaré qu'elles rechercheraient des gains d'efficacité en tirant parti de leur envergure, en effectuant conjointement des recherches et en partageant des installations de test.

Guillou a déclaré que le marché des frégates de taille moyenne à grande progressait de 5 à 7% par an. "C'est également à ce stade que la concurrence émergente nous attaque le plus durement", a-t-il ajouté.

Il a ajouté que le groupe naval et la nouvelle coentreprise avaient le potentiel de tirer également des synergies du rapprochement Fincantieri-Chantiers de l'Atlantique, mais qu'un accord de Bruxelles serait nécessaire avant de pouvoir les explorer plus en profondeur.

Mais il a ajouté que la création de l’entreprise et la fusion entre Fincantieri et Chantier étaient deux questions distinctes, minimisant ainsi les espoirs des analystes que la coentreprise pourrait faciliter la victoire de Fincantieri-Chantier.

Naval Group détient une participation minoritaire dans Chantiers de l'Atlantique.

"Nous pourrions imaginer acheter de l'acier bénéficiant d'une échelle de volume", a déclaré Guillou. "Lorsque vous réfléchissez à ce que pourraient être les navires du futur et des énergies plus propres, ce n'est pas quelque chose qui intéressera uniquement les constructeurs de navires de guerre."

(Rédaction de Richard Lough; édité par Jan Harvey)

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